Noelle

Doelker-Mignot

J’habite un lieu où le temps s’égrène encore au rythme des clochers qui l’environnent. De quart d’heure en quart d’heure je prends un peu plus d’âge et ce, depuis longtemps déjà. C’est dire que je ne suis plus très jeune et qu’il importe que je mette au monde les mots et les phrases que je porte.

J’écris, je crois, depuis toujours mais ne sais dire que la proximité, le détail, le ténu de la vie. La poésie a été pendant des années un abri, un refuge, une cachette ! Tout peut s’y conter sans trop se révéler. Quelques récits aussi qui ne supportaient plus d’être si lourds à porter. Sans oublier un certain nombre d’éloges funèbres pour les amis qui me quittaient… Et des articles écrits à la faveur de mon métier.

Je ne sais trop si je vis pour les mots ou si ce sont les mots qui me font vivre, exister plutôt. Je leur dois beaucoup. Ce que je suis, le chemin que j’ai parcouru, celui qui me reste à faire. Il importait qu’ils soient sortis de l’ombre dans laquelle je les tenais. Cet ouvrage me le permet.

Noelle Doelker-Mignot

Présence

Samedi 9 oct. 2021
Dimanche 10 oct. 2021

avec les Editions

Golgotha’s blues

Editions Gérard Louis - 2020

Golgotha’s blues

Auteure : Noelle Doelker-Mignot

Récit

La vie ne va pas toujours droit. A la fin surtout. Il se peut que cela veuille dire quelque chose. Qu’elle tente d’expurger trop de lourdeurs. Qu’elle cherche à s’alléger, qu’elle essaye de prendre un dernier essor. Ou juste un peu de hauteur. Un peu de distance. Insensiblement elle y parvient. Elle se ramifie, louvoie, serpente et finit peu à peu en ruissellements achevant de noyer les certitudes.

Rien n’est plus comme avant. Tout semble se dissoudre. Ma mère, je ne te reconnais plus. Je te cherche au creux d’improbables méandres. Je te perds, je te retrouve. Nous nous quittons sans arrêt.

A force de trébuchements se fit un équilibre, s’installa un semblant de douceur. Peut-être de l’amour. Il restait encore un peu de chemin. Nous le fîmes ensemble, dépouillées des paroles inutiles, seules, apaisées. Tu m’apparus alors magnifique et grandiose.

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